Egnonam: le retour aux cheveux naturels est une affirmation d’identité.

Aujourd’hui, nous accueillons notre première contribrutrice: Egnonam Dongo! Bonne lecture!

« Oh ils sont beaux tes cheveux puis-je les toucher? Mais ils étaient longs hier tes cheveux, mais là ils sont courts! tu leur as fait quoi? Tu as différents types de coiffure tout le temps, ça ne te revient pas cher? Ce sont tes vrais cheveux ? Est-ce que c’est bien vu quand moi une blanche je fais des tresses africaines? »Je crois que pratiquement toutes les nappies ou femmes noires ont déjà eu ce genre de questions. Pour ma part, elles m’ont permises d’engager des discussions à travers lesquelles j’explique mon identité culturelle.

Que je suis impolie de ne pas me présenter avant de commencer par raconter mon histoire. Je m’appelle Lynda, euh non Egnonam je voulais dire (je préfère maintenant qu’on utilise mes prénoms africains). J’ai pratiquement eu des cheveux courts toute ma vie parce que je pleurais à chaque fois qu’on me peignait, me tressais. Ma mère était juste fatiguée de supporter mes caprices. Alors, après avoir fait des tresses un mercredi soir, je pleurais encore à table le matin parce que j’avais mal. Exaspérée, ma mère avait décidé de passer son ciseau dans mes cheveux ce matin-là, alors que je n’étais qu’en classe de CE1. Ainsi, depuis ce temps, j’avais des cheveux courts (aujourd’hui merci maman de m’avoir appris à aimer mes cheveux naturels et courts). Après mon diplôme d’études secondaire, j’ai décidé de laisser pousser mes cheveux, mais j’ai choisi de les défriser parce qu’ils étaient considérés beaux, moins de tracas, facile à peigner contrairement à mes cheveux naturels quand j’étais petite. Je faisais souvent aussi des tissages, de préférence les lisses, car ils reflétaient la modernité et plus encore étaient à la mode. J’avais des brûlures, voire des plaies dues aux produits défrisant, mais je continuais à les utiliser. Puis, en 2015, je suis arrivée au Canada. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé par comprendre la nécessité d’embrasser ma culture africaine sur toutes ses formes. Mes cousines ou des amies qui étaient des nappies m’invitaient à faire le Big Chop, mais j’étais une antie-nappy à cette époque comme le qualifierait Dalila dans son récent article. C’est bien beau les cheveux naturels, mais trop compliqués pour ma personne. Je suis en partie comme AWA dans le dernier article de Mina. Alors en novembre 2017, après une grande période de réflexion et de procrastination, j’ai décidé de faire le BIG CHOP et je suis devenue une nappy passe-partout. J’ai mes cheveux naturels, mais j’altère avec les tresses et j’ai pratiquement banni les tissages.

Que signifie pour moi les cheveux naturels et pourquoi les tresses et pas les tissages comme moyens d’alternance ?

 Le retour aux cheveux naturels m’a non seulement permis d’embrasser ma culture africaine, mais aussi de l’aimer encore plus. Cela m’a donné une opportunité de m’exprimer.

Vous voyez toutes ces questions mentionnées plus haut, au lieu de les ignorer, au contraire, je m’en suis servi pour engager de longues et intéressantes discussions sur les cheveux naturels , d’expliquer l’importance des cheveux naturels dans l’affirmation de mon identité afro, car le cheveu crépu vient du fait qu’on est noir. Le porter est ma façon d’affirmer mon identité culturelle, de montrer qu’on est belle avec les cheveux crépus. Cela m’a aussi donné l’occasion de clarifier certains préjugés reçus comme le fait que les noirs ont tous la même couleur de cheveu ou que les cheveux naturels ne poussent pas très vite, qu’ils sont sales, ingérables ou le fait qu’il existe plusieurs types de cheveux. Alors, quand on voit les mouvements Black Power : Black is beautiful, ça ne donne qu’envie de vouloir embrasser sa culture.

Le choix des tresses pour leur représentation au sein la culture africaine. Les tresses servent à transmettre l’histoire en Afrique, mais elles sont aussi figure de représentation.

En Égypte antique, elles étaient portés par les gens appartenant à la famille royale : so we are royalties. Quand elles se répandaient en Afrique noire, elles servaient de différenciation de rang social, de caste et aussi d’évènement social comme le mariage ou le décès. Mais bien avant cette généralisation des tresses, quand on fait un petit retour à l’époque coloniale. Durant cette époque, les tresses étaient utilisées pour relayer des messages parce que les maîtres comprenaient les langues des esclaves. Pour signaler qu’elles voulaient s’échapper, elles faisaient des tresses nommées « départes », tresses épaisses, serrées étroitement sur le cuir chevelure et étaient nouées en chignons au-dessus. Par ailleurs, les tresses nattées courbées étroitement sur leur tête représentaient les routes qu’elles devaient emprunter. Faire des tresses aujourd’hui revient à honorer nos ancêtres qui sont passés par tous les moyens pour lutter contre l’esclavage. Elles nous permettent de ne pas oublier leurs efforts, de communiquer notre fierté, la liberté de l’oppression.

De plus, le retour aux cheveux naturels m’a permis de pouvoir supporter les commerces africains, en allant acheter mes produits de soins capillaires chez eux. C’est aussi ma manière de contribuer.

Nous sommes dans une époque où plusieurs de nos prédécesseurs ont lutté pour que nous puisions affirmer notre identité culturelle, de pouvoir être capable d’être nous même, alors il est important d’embrasser ce cadeau des générations passées, de s’en servir pour sensibiliser les générations actuelles et futures.

Afro bises comme le diraient Dalila et Mina

 

Egnonam, 

Contributrice pour Afro Ko

Peau noire: les essentiels

Assez parlé de nos cheveux, il n’y a pas que ça qui nous définit. Il y a aussi notre peau noire! Rappelons que les peaux noires et métissées sont les plus sensibles et les plus sujettes aux imperfections. Elles sont connues pour être plus épaisses, plus grasses et toniques.

Sans trop tergiverser, parlons de l’élément clé qui constitue la peau noire : la mélanine. Sachons que nous produisons tous de la mélanine, quelle que soit la couleur de notre peau. Cependant, dépendamment de la couleur de la peau, il existe deux types de mélanine: l’eumélanine de couleur noire ou marron, et le phéomélanine de couleur plutôt jaune ou rouge. Vous l’aurez compris, le type de mélanine des peaux noires et métissées est l’eumélanine, ce qui fait de nous des mélanodermes (des personnes dites de couleurs).

Notons que la mélanine se trouve aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la peau. Elle sert aussi de protection contre les rayons UV du soleil. Elle se produit lorsque nous sommes exposés au soleil. L’eumélanine quant à elle, plus importante en quantité, protège mieux que la phéomélanine. Cela qui explique la plus forte résistance des noirs face aux cancers cutanés. La mélanine se retrouve dans la peau, les cheveux, les poils, etc..C’est elle qui définit leur couleur en fonction de sa concentration. Ainsi, une peau noire détient une concentration plus élevée de mélanine qu’une peau blanche.

Pour revenir sur la sensibilité de la peau noire, contrairement à la peau plus claire, elle produit un surplus de sébum, conduisant à la formation de comédons (points noirs) qui se forment essentiellement au niveau du visage. Lorsqu’ils ne sont pas bien traités, le surplus de sébum obstrue les pores et attire les bactéries qui se transforment en acné, laissant des taches sur la peau.

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Très important à savoir, la peau noire a besoin de soleil pour son hydratation. Dans les zones tempérées, sa sensibilité s’accroît et la rend plus sèche. Le climat dont nous disposons en Afrique de l’Ouest permet à l’hydratation de se rétablir naturellement. Cependant, dans des milieux plus secs comme l’Europe, le Canada, etc… la peau noire devient naturellement plus sèche, d’où le besoin de renforcer son hydratation.

De plus, bien qu’elle soit résistante, la peau noire a besoin qu’on prenne soin d’elle, qu’on la chouchoute! Voici selon les indispensables pour l’entretien et l’éclat de sa peau noire ou métissée au quotidien:

 

 

Hydratation

Oui, c’est vrai que pour celles qui vivent dans un pays déjà ensoleillé, l’hydratation de la peau se fait naturellement. Il faut noter qu’il est important pour nous toutes de ne pas faire l’impasse sur l’hydratation de notre peau. N’oublions pas que nous avons une peau très sensible et fragile aux agressions extérieures. Évitons donc de prendre le risque de la laisser se dessécher. L’hydratation de la peau requiert que nous utilisions le produit qui nous convient le mieux. Ce qui s’applique aux cheveux s’applique aussi à la peau. À savoir que le produit qui convient à l’une ne conviendra pas forcément à l’autre, parce qu’on est toutes différentes. On adore le beurre de karité et les huiles chez nous en Afrique; il faut cependant noter que ces produits sont gras et la peau n’est pas réellement hydratée, mais juste recouverte de gras.

Gommage et masque

Il est important de réaliser au moins une fois par semaine un gommage du visage. Le gommage permettra d’éliminer les peaux mortes et l’excès de sébum. Cependant, contrairement aux idées reçues, durant le gommage, il n’est pas conseillé de frotter trop fort, au risque de fragiliser notre peau. Suite au gommage, il faut appliquer un masque. Le choix du masque dépend du type de peau noire selon qu’elle soit grasse (masque à l’argile) ou plutôt sèche (masque hydratant).

Nettoyage du visage

Parce qu’elle est sensible, la peau noire a besoin d’être nettoyée en douceur matin et soir. Il est conseillé d’utiliser une lotion légère, sans savon, que l’on peut utiliser à l’aide d’une serviette en coton, sans utiliser l’eau du robinet.

Protection contre le soleil

Vous direz, mais de quoi elle parle celle-là?? Nous pensons souvent que la peau noire est naturellement protégée du soleil. On entend « on est né dans ça, on est habitué ». Eh bien, le soleil c’est bon pour notre peau, mais trop d’exposition au soleil peut nuire à long terme. Utiliser une crème solaire à faible indice peut nous aider à nous protéger davantage.

Démaquillage

Finalement, très important, et à ne surtout pas négliger : le démaquillage en fin de journée. Un simple rinçage du visage à l’eau ne suffit pas. JE DIS BIEN ÇA NE SUFFIT PAS!!!

 

Sur ce je vous laisse à vos soins!

Bisous chocolat!!

Mina

Recettes cheveux à base de beurre de karité

Les cheveux crépus sont fragiles et demandent beaucoup d’attention.  Pour entretenir leur beauté et leur éclat, il leur faut des soins. Vous pouvez fabriquer votre propre soins maison afin de chouchouter vos cheveux. Le beurre de karité est, dirait-on, un indispensable pour l’entretien des cheveux crépus car il permet d’hydrater, soigner et protéger les cheveux crépus. Nous vous livrons aujourd’hui, quelques recettes à réaliser chez vous!

  1. Réparation des cheveux abîmés

Nos cheveux sont constamment soumis à des agressions extérieures, vents, soleil, poussières, coiffures. Il est vrai que nous prenons soin d’eux et leur apportons des soins régulièrement, mais un soin réparateur plus profond s’impose de temps de temps. Nous vous proposons une recette de masque capillaire réparateur pour vos cheveux:

Ingrédients:

Beurre de karité

Huile d’argan

Préparation:

Mélangez une cuillère à soupe de beurre de karité pour deux cuillères à soupe d’huile d’argan.

Vous devez adapter les quantités aux longueurs de vos cheveux

Utilisation:

Appliquez le mélange sur vos cheveux en insistant sur les longueurs et les pointes. Laissez reposer dans un chapeau ou un foulard en satin au moins 30 minutes. Ensuite, faites votre shampoing habituel.

  1. Pour les cheveux secs

Pour un soin constant de nos cheveux, nous avons besoin de les nourrir et de les hydrater. De ce fait, nous devons nous faire des masques réguliers (nous dirons une fois par semaine). Le beurre de karité s’avère être un allié de taille pour nous aider dans l’hydratation de nos cheveux secs. Voici la recette simple d’un masque hydratant.

Ingrédients:

Beurre de karité

Miel

Yaourt nature

Préparation:

Mélangez une cuillère à soupe de beurre de karité avec un cuillère à soupe de miel et un pot de 12,5 cl de yaourt nature. Notons que la quantité de beurre de karité dépendra du type de cheveux. si vous avez des cheveux fins, vous devrez prendre moins de beurre de karité que quelqu’un qui a des cheveux plus épais.

Utilisation:

Appliquez le mélange sur vos cheveux en insistant sur les longueurs et les pointes. Laissez reposer dans un chapeau de bain ou à l’air libre au moins 30 minutes. Ensuite, faites votre shampoing habituel.

  1. Protection des cheveux

Le beurre de karité s’utilise aussi pour la fabrication de sérum protecteur fait maison, qui peut se conserver une semaine au frigo. Cela nous permettra de nourrir nos cheveux durant la nuit, tout en les protégeant du soleil durant la journée.

Ingrédients:

Beurre de karité

huile de ricin

Gel d’aloe vera

Recette:

Mélangez deux cuillères à soupe de beurre de karité, une cuillère à soupe d’huile de ricin et ajoutez une cuillère à soupe de gel d’aloès verra.

Utilisation:

Appliquez une petite quantité du mélange de sérum sur vos cheveux en insistant sur les longueurs et les pointes. Laissez reposer dans un chapeau ou un foulard en satin toute la nuit.

  1. Apaisement du cuir chevelu

Notre cuir chevelu peut parfois être sensible. Il requiert lui aussi, des soins constants. Le beurre de karité peut être un ingrédient essentiel dans le traitement et la protection de ce dernier. Pour éviter les démangeaisons et les pellicules, un seul ingrédient: le beurre de karité. Appliquez une petite quantité sur le cuir chevelu la nuit avant de vous mettre au lit. Cela permettra l’hydratation durant la nuit ainsi que la protection de votre cuir chevelu.

Eh voilà !

 

Bisous Karité!

La team Afroko

Le beurre de karité: votre allié beauté

Avec des propriétés d’émollient, antioxydant, nourrissant, cicatrisant, régénérant, réparateur, revitalisant, adoucissant, anti-inflammatoire et protecteur, le beurre de karité est, en utilisation cutanée, un allié par excellence pour les soins cosmétiques. Ce produit est produit en grande partie produit en Afrique de l’Ouest, Centrale et Équatoriale. En termes de production agricole, le Burkina Faso est reconnu mondialement pour sa production de beurre de karité, et la province de la Sissili située au Centre Ouest du pays, est sa plus grande zone de production. Bien que ce produit local soit considéré comme un produit « haut de gamme » pour les grandes multinationales occidentales qui le revendent à des prix très concurrentiels, les productrices bénéficient d’un faible revenu. Pour revitaliser ce secteur, des entrepreneurs locaux souhaitent depuis quelques années, promouvoir le « consommons local » en proposant des produits cosmétiques de qualité à base de ce produit phare.

Souvent combiné à d’autres ingrédients, le beurre de karité se retrouve dans une panoplie de produits cosmétiques et recettes naturelles. En effet, cet ingrédient naturel, riche en latex, acides gras, vitamines A, D, E… se retrouve depuis des lustres, dans les recettes de grand-mère pour des soins divers. Que vous l’utilisiez ou non, je vous livre aujourd’hui quelques secrets qui vous pousseront à l’adopter au quotidien!

  1. Le beurre, un produit incontournable pour les soins de la peau

Cet élément se retrouve dans un grand nombre de produits cosmétiques pour les soins de la peau. Avec ses propriétés anti-inflammatoires et antimicrobiennes, le beurre de karité deviendra votre allié pour calmer vos irritations et cicatriser votre peau. En plus, ce beurre adoucit la peau et permet en utilisation quotidienne, d’avoir une peau plus douce. Il permet aussi d’atténuer les rides et de prévenir les signes de vieillissement cutané. Eh oui, il se transformera en compagnon pour garder une peau jeune et saine. Par ailleurs, il permet de lutter contre les vergetures et de maintenir l’élasticité et la fermeté de votre épiderme. Pendant les saisons froides, c’est le secret pour la protection de votre peau. Qu’attendez-vous pour l’inclure dans votre routine?

 

 

 

 

 

2. Le beurre de karité, pour des cheveux en bonne santé!

En plus de votre corps, saviez-vous que le beurre de karité se place comme un élément central pour l’embellissement de vos cheveux? Un grand nombre de produits capillaires se composent de beurre de karité. Du shampooing à la crème hydratante, en passant par le démêlant et les masques capillaires, voilà un ingrédient qui vous accompagnera tout au long de votre routine capillaire. Grâce à la vitamine A qu’il renferme, il permet de limiter la casse des cheveux.N’hésitez pas à l’utiliser en masque capillaire pour nourrir et entretenir vos cheveux!

 

 

3. Le beurre de karité, et si on se massait?

Mal partout, épuisés… et si on prenait un temps pour se détendre et chouchouter notre corps? Le beurre de karité est aussi un incontournable pour les problèmes de courbature, fatigue musculaire et articulaire. Saviez-vous qu’il est recommandé comme soin pour la préparation à l’effort physique? Pour vous détendre et relaxer un peu, n’hésitez pas à l’utiliser pour vos massages.

 

Voilà un petit rappel sur quelques bienfaits du beurre de karité! Ne négligeons pas nos produits locaux!

Bisous au karité!

 

Dalila

NATURELLE, BELLE et CONFIANTE!

Un jour, un homme sage m’a dit : « n’ai pas honte de qui tu es. Il y a des gens, là, dehors qui t’observent, qui te suivent et qui t’envient. Ils ne sont pas fous, il y a bien des raisons pour que tu t’admires et t’acceptes toi-même ».

Ainsi, nous avons le droit de nous aimer, de ne pas vouloir ressembler aux autres et surtout de rêver!Aujourd’hui, je m’en vais vous parler de deux choix qui ont changé ma vie : le naturellement important et le naturellement confiant.No

Commençons avec ces deux citations inspirantes :

« La beauté commence au moment où vous décidez d’être vous-même ».

Coco Chanel

« Sois toi même, toutes les autres personnalités sont déjà prises »

Oscar Wilde

Notons qu’à un moment ou à un autre de notre vie, nous sommes tous confrontés à cette question existentielle : qui suis-je?

Pour certains, la réponse est presque facile, mais pour d’autres ça prend beaucoup plus de temps. Les réponses sont diverses et variées. Cependant, en tant que femmes et hommes noirs, nous avons tous des réponses communes qui sont inéluctables : nous devons en être sûr(e)s et convaincu(e)s. Il s’agit de la fierté de sa peau noire (de sa mélanine) et de la fierté de porter ses cheveux crépus rebelle aux allures indomptables.

Je vous parlais plus haut, de naturellement important et confiant, eh bien allons-y :

Le naturellement important dans le domaine de la beauté est ce qui nous est donné naturellement (la couleur de notre peau, notre type de cheveux), de source première et que nous devons apprendre à aimer dans son état naturel sans essayer de le modifier ou de lui enlever son authenticité. C’est notre beauté naturelle. Le naturellement confiant est la capacité à s’accepter tel que l’on est et à aimer chaque fibre de son corps en l’état naturelle. Nous devrons être à mesure de déterminer ce qui est naturellement important pour nous dans le but de nous transformer en personne naturellement confiante.

Je m’adresse à toi particulièrement. OUI toi, toi qui veux bien, mais qui ne te laisses pas tenter par l’aventure. Voudrais-tu parcourir un rêve avec moi? Fermons les yeux un instant, imagines avoir réussi à t’accepter telle que tu es, imagine être naturellement confiante, sûre de ta beauté, de ton talent, de ta belle chevelure. Visualise-toi dans ta plus belle tenue avec ta belle chevelure, les boucles au vent. Sort la démarche (rire).

Maintenant, ouvres tes yeux et admire-toi dans un miroir : WAOUUUHHHHH!!!! quelle magnifique beauté! C’est ainsi que tu dois te sentir tous les jours, c’est ce à quoi tu dois aspirer: Te sentir belle, puissante, talentueuse tout en restant toi-même au naturel.

Illustrons un peu tout ceci. Je vais vous parler de trois femmes, Awa, Macha et Mariam. Vous vous identifierez ou non à elles; le but de l’exercice est le partage d’expérience.

Awa étudiante en fin de licence, jeune fille timide, avec un entourage restreint, mais une vie associative très active. Au lycée, elle en a eu marre de ces cheveux qui se cassent sans cesse, de ses brûlures dues au défrisage. De plus, elle se retrouvait dans une situation compliquée pendant l’année scolaire, puisqu’il était interdit de porter des mèches. Elle décide de se couper les cheveux; donc BIG CHOP!! Après cette étape se sont succédé recherche et nouvelles découvertes sur ses cheveux : comment les assouplir, les hydrater pour que le peigne passe sans souffrance. Trois ans plus tard, elle détient une belle longueur lui donnant la liberté de se faire des modèles assez top et diversifiés, ce qui rend envieuses et admiratrices plus d’une.

Macha quant à elle, est une jeune femme active, dans la trentaine et employée dans un bureau. Elle exerce en plus, une activité entrepreneuriale pour arrondir ses fins de mois. Macha a choisi de garder ses cheveux crépus courts. Il faut avouer qu’elle a fait un bon choix, car la coupe lui va à ravir à cause de son visage rond et de ses traits fins. Quelques années avant, pendant sa première année à l’université, elle saute le pat. Ayant toujours eu des cheveux d’une longueur moyenne (c’est de famille dite – elle), elle n’a jamais vraiment aimé se faire des tresses ou des nattes (ça fait mal!). Un matin, va savoir ce qui lui a pris, elle s’est fait couper les cheveux. Ce dont elle était sûre, c’est qu’elle se sentait beaucoup plus légère et moins stressée par la prochaine coiffure qu’elle devait faire (ce serait impossible pour les mois suivants de toute façon. Eh oui!). Elle a ainsi commencé à assister à des rencontres et des ateliers sur le retour au naturel, pendant lesquels elle a beaucoup appris.

Enfin, Mariam, femme battante, mère de 4 enfants, et en plein dans sa cinquantaine, se trouve au sommet de sa carrière professionnelle. Elle commence à lever un peu le pied et prend plus de temps pour ses enfants. Professionnellement et financièrement, c’est le rêve pour tantie Mariam. Personnellement, c’est tout autre chose, car elle a l’impression d’être passée à côté d’un tas de choses dans sa vie. Elle repense au temps qu’elle n’a pas pu prendre pour elle-même, aux moments importants auxquelles elle n’a pas pu assister, etc.  Dans cette période de remise en question, tantie à décider de sauter le pat, elle s’est coupé les cheveux, STOP AU DÉFRISAGE!! Elle arbore fièrement sa nouvelle coupe. Notons que ses filles ont lutté depuis longtemps pour qu’elle les rejoigne dans l’aventure « nappy ». Même tonton est content, il aime bien la nouvelle coupe de sa femme.   

« Lorsque tu sous-estimes ce que tu fais, le monde sous-estimera qui tu es »

Oprah Winfrey

Je reformulerais ceci comme suit: Lorsque tu sous-estimes ce tu as, ce que Dieu t’a donné, le monde sous-estimera qui tu es et ce que tu as à apporter.

Je viens de vous présenter plus haut, trois personnalités différentes, des phases de vie diverse, remplie de doutes, de réussites, d’échecs, mais avec un point en commun : elles ont toutes accepté et embrassé le retour au naturel. Elles le vivent bien, se trouvent belles, se font complimenter et envier. Ce choix vous pousse à en apprendre davantage sur vous, sur vos origines, vos ancêtres et votre histoire. En un sens, nous en sommes obligés parce que nous faisons maintenant partie de cette communauté d’afro chic choc, fort, rebelle, qui savent ce qu’ils veulent. Bref je me ressaisis, vous avez compris (rire!).

On ne naît pas confiant, mais on naît naturelle et belle (beau) à sa manière. La confiance ça s’apprend, ça se forge, mais dès qu’on accepte sa beauté, sa différence et qu’on s’accepte au naturel, on a déjà franchi l’étape du choix du naturellement important et les 3 quarts du chemin sont déjà faits pour atteindre finalement le naturellement confiant.

Je vous laisse sur ses mots, et à vos rêves!

Afro ko lo!! (C’est une affaire d’afro!!)

Afro bise mes lovers

Mina

Cheveux crépus en Afrique: révolution ou effet de mode?

Nous assistons depuis quelques années à un retour aux cheveux crépus chez les femmes noires et métissées dans le monde. Si ce mouvement commence au courant des années 2000 aux États Unis, et se répand en Europe, il arrive un peu plus tard en Afrique. À travers ce mouvement qualifié de politique, les femmes afros revendiquent leur identité culturelle au nom de la liberté. L’impact s’avère immense dans les pays occidentaux dans lesquels résident une forte communauté afro et une diaspora africaine révoltée. Cependant, qu’en est-il de la situation en Afrique? Ce mouvement représente-t-il un effet de mode ou une révolution à part entière sur le continent?

Chimamanda Ngozi Adichie

Alicia Keys, Oprah Winfrey, Solange Knowles, Chimamanda Ngozi Adichie, voilà des femmes qui ont très tôt affirmé leur identité capillaire, poussant les femmes afros à assumer leur touffe. Pour revenir brièvement sur le passé, la mode afro a été mise à l’écart depuis la fin du mouvement des Blacks Panthers en 1960 et des années disco. Tombé à l’oubliette, le défrisage devient à la mode et le cheveu lisse se transforme au fil des années, en standard de beauté.

Le mouvement Nappy (Natural and Happy) prend son véritable envol au courant des années 2000. Une nouvelle politique de valorisation et d’émancipation de la femme noire voit le jour. Les activistes se réveillent, des blogueuses s’affirment, des entrepreneurs sautent sur l’occasion pour créer de la richesse en proposant des produits adaptés à ce type de cheveux. Bref, c’est l’éveil des consciences.

“En Afrique, la coiffure était une activité pendant laquelle se transmettait l’histoire des généalogies aux enfants, et bien d’autres traits de leur culture”

Juliette Smeralda

Pourtant en Afrique, la situation semble beaucoup plus complexe. Comme le pense la sociologue martiniquaise Juliette Smeralda, les Africaines font face à des contraintes sociales différentes, ce qui rend plus complexe leur retour au naturel. À travers son ouvrage Peau noire, cheveu crépu: L’histoire d’une aliénation (Éitions Jasor, 2005), l’auteure parle du retour au naturel des femmes afros, en abordant l’émergence des “nappies” en Afrique. Historiquement parlant, les femmes africaines pratiquaient l’esthétique adaptée à leur culture et leurs cheveux afros. C’est lors de la déportation et l’envol pour des horizons lointains dans lesquels elles étaient dépourvues des accessoires nécessaires à la réalisation de leur coiffure et le manque de temps qu’elles se sont tournées vers le défrisage.

Juliette Smeralda

“Le modèle de beauté qu’on vend aux femmes du continent n’est pas africain”

Juliette Smeralda

Le modèle occidental joue un rôle majeur sur le désamour des femmes africaines face aux cheveux crépus. Même si des mouvements se développent par des femmes décomplexées qui ont accès aux réseaux sociaux, il s’agit d’une identité nouvelle non pratiquée par toutes. Eh oui, il existe une panoplie de type de nappy, avec des conceptions et appropriations différentes du mouvement. Parlons de ces trois principales catégories:

  1. Les nappies extrémistes: aah celles-là! Elles ne jurent que par leurs cheveux et critiquent celles qui ne portent pas leurs afros au quotidien. Pour elles, ce sont les cheveux afros ou rien!
  2. Les nappies passes partout: celles qui décident de bannir le défrisage, mais d’alterner entre cheveux afros et coiffures protectrices. Elles adoptent souvent des tresses, des tissages ou des perruques.
  3. Les anti nappies (au fond, avouez que voulez avoir de beaux cheveux afros! hahaha!): celles qui ne veulent pas entendre parler de nappy (cheveux crépus la c’est trop compliqué pardon!), alors qu’elles n’ont jamais vraiment essayé.

Entre ces trois catégories, il existe des sous-catégories. Chaque femme a son problème et sa manière bien précise d’être. C’est ça qui fait la beauté de la communauté!

Il faut aussi souligner que cette hétérogénéité rend le débat encore plus complexe: pendant que certaines s’engagent dans une bataille identitaire, d’autres ne voient que l’esthétique et ignorent tout l’aspect révolutionnaire qui se cache derrière, sans oublier ces personnes qui n’y voient que du bla-bla. Quelle est la réelle conception du retour au naturel par les africaines? Aussi bien celles qui sont connectées que celles qui vivent dans des espaces plus reculés? La question se pose t-elle réellement pour elles? Que pensez vous du retour au naturel? Un effet de mode ou une révolution en Afrique? Quelle est votre expérience?

Voilà un bon paquet de questions pour cette journée (rires). Je termine avec des Afros Bises! Oui, je vous fait des bisous, cette fois aromatisés au beurre de karité!

Dalila

Afro-ko: notre histoire

2012 a été l’année de la révélation. Après avoir vécu un grand choc, le départ pour l’au-delà de leur grand-père adoré (le socle et piller de leur famille), deux cousines (non, disons deux soeurs! On est en Afrique!), n’avaient plus rien à perdre dans la vie, à part la peur de ne pas être acceptées dans la société. C’est ainsi qu’elles ont perdu leurs cheveux. Se débarrasser des cheveux défrisés et prendre un nouveau départ de CRÉPU! Voici leur histoire:

C’est grâce à ce Big Chop en novembre 2012 que nous nous sommes intéressées de plus en plus à notre identité culturelle et capillaire. S’en sont suivie des mois et des années de doutes et de découverte sur notre chevelure, dans une société où le crépu représentait un style “décoiffé”, “pas assez chic”. Croyez-nous, certaines catastrophes ont été évitées de justesse (ouf!). Il nous a fallu 3 années pour arriver au “Totalement Happy d’être Nappy”. C’est ainsi que l’aventure a commencé.

Été 2015, la première édition des “Nappy Days Ouaga” avec pour nom “Atelier Cocktail Nappy”. Les mois qui ont précédé cette date ont été déterminants. Tout a commencé dans une chambre. En effet, assises dans notre chambre d’étudiantes à Montréal un samedi soir (oui, ce samedi soir, nous étions nazes et cogitions sur le sens de la vie), nous nous demandions comment gérer ce retour au naturel une fois rentrées dans notre pays, le Burkina Faso (pas assez de cheveux pour se natter, hahaha). En enquêtant sur internet, telles des apprenties hackers, nous découvrons une panoplie de blogs et d’ateliers sur le sujet. Gros bémol, ces derniers se donnaient pour la plupart, au Canada, aux États Unis, en France, en Côte d’Ivoire, au Cameroun et au Bénin.  “Mais pourquoi pas à Ouagadougou?” C’est de là que tout est parti.

Inexpérimentées, sans ressources, sans expertises, nous nous sommes lancées, comme dans une grande bataille sans armes. Cependant, l’envie d’en apprendre davantage et de partager notre passion nous a surpassés et motivés à foncer (ouf, ça n’a pas été droit dans un mur). De toute façon, il n’était plus question de se défriser les cheveux. L’Atelier Cocktail Nappy voit le jour en juillet 2015 à Ouagadougou. Il s’agissait pour nous de réunir dans un espace, des expertes, des passionnées et toutes celles qui étaient encore hésitantes à sauter le pas. Nous voilà prêtes à révolutionner le monde!

Première édition formidable!!! L’édition s’est déroulée sur un après-midi, une quarantaine de personnes, des expertes, quelques produits en vente, des bénévoles motivées, des partages mémorables, un large réseau de contact, et surtout des partenaires avec lesquelles nous travaillons chaque année (coucou Hada Hada et Barakissa!).

Retour sur la première édition

Deuxième édition en 2016, meilleure! L’édition s’est déroulée sous le nom: “Nappy Day”. Toute une journée avec plus d’une centaine de participant(e)s et de merveilleuses bénévoles. De plus, nous comptions parmi nous, des intervenantes encore plus impliquées et déterminées, ainsi que des entrepreneur(e)s installés dans une salle d’exposition aménagée pour la vente des produits capillaire. C’était le Next Level!

Retour sur la deuxième édition

Troisième édition deux ans après la seconde, soit en 2018, la redescente sur terre. Vous allez comprendre pourquoi. Tout d’abord, nous avons changé de nom et sommes devenues les “Nappy Days Ouaga” qui se sont déroulées sur une semaine. Changement de stratégie, nouveaux partenariats, moins d’énergie, moins de personne, baisse de productivité. Cette édition a rencontré un succès encore plus faible que notre première édition, mais représente le PIC pour notre organisation. En effet, grâce à cette dernière, nous avons quand même rencontré de nouvelles personnes extraordinaires qui nous ont appris énormément, des partenaires de chocs, et des articles parus dans la presse (coucou Le Monde Afrique!). Des professionnels ont cru en nous et en notre potentiel. C’était le moment de se concentrer: reculer pour mieux sauter!

Retour sur la 3e édition

Aujourd’hui, nous souhaitons aller plus loin et agrandir la communauté autour des Nappy Days Ouaga. C’est ainsi que Afro-ko (signifie une « affaire d’afro » en langue dioula) naît, un blog qui sera principalement axé sur la vie des AFROS. Nous parlerons de cheveux crépus, de peau noire, d’entretien de barbe, de produits locaux, de beauté, etc., mais plus important, nous proposerons des partages d’expérience et des petites formations (du concret quoi !!!). Cela se fera avec l’aide d’expertes et de contributrices passionnées de tous les horizons (contactez-nous si vous voulez vous joindre à nous!). Plusieurs autres projets autour de celui-là sont en cours de production. Croyez-nous, vous n’êtes pas au bout de vos surprises.

Oups, nous allions partir sans nous présenter. Nous sommes Mina TOURE et Dalila YARO!

Mina: C’est bon Dalila, on salue et on s’en va

Dalila: Non attend, tu ne penses pas qu’on devrait ajouter…

Mina: Non ça fera trop!

Dalila: ….

Eh oui, c’est génial le travail en équipe! Heureusement qu’à la fin de la journée, nos idées convergent toutes vers un point central!

Afro ko lo! C’est une affaire d’afro!

Allez, nous vous faisons des Afro Bises!